Les Marocs
De 1912 à 1956, le Maroc est sous domination de l’empire colonial français. Composer une programmation à partir d’ici nécessite une certaine responsabilité. Celle de ne pas réduire des cultures millénaires en mouvement, hybrides et hétérogènes à un certain nombre de codes définis par les imaginaires coloniaux. Nous sommes pétrit d’images orientalistes, exotiques… Il s’agira de désapprendre, de regarder, d’écouter ces cinéastes, ces artistes et ces programmateur·ices qui, aujourd’hui, pensent le monde à partir des Suds et remettent en question les discours historiques dominants. Il sera moins question d’une géographie, d’un état, de frontières que de laisser la place et la parole aux habitantes et habitants issu·es des Marocs et de ses diasporas à partir de leurs propres récits et œuvres.
Résonnerons les langues amazigh (langues autochtones devenues officielles seulement en 2011) et le Darija, arabe marocain. Nous suivrons ainsi des lignes de transmission entre deux générations. Celle des premier·es cinéastes marocain·es qui après l’indépendance expérimentent et réalisent des films poétiques, politiques : un cinéma en lutte qui veut libérer l’image du pays du regard colonial. Et celle d’une nouvelle génération de cinéastes et d’artistes qui, aujourd’hui, se saisissent de tous les outils de création pour prendre la parole – arts, performances, vidéos, films – et ce malgré une situation économique et politique rude et sous contrainte.
Toute la programmation des films de la section les Marocs à retrouver ici.
RÉTROSPECTIVE AHMED BOUANANI
Fait en collaboration avec les Archives Bouanani et Touda Bouanani.
Figure majeure du Maroc post-protectorat, Ahmed Bouanani est cinéaste, poète, romancier, dessinateur et monteur. Il est l’un des pères fondateurs du cinéma marocain moderne. Né à Casablanca en 1938, il étudie le cinéma à l’IDHEC à Paris et participe à la fondation du collectif Sigma 3 avec Tazi et Hamid Bénani. Au milieu des années 1960, il réalise plusieurs courts métrages. Le Mirage, son seul long métrage réalisé en 1979, constitue une date marquante dans l’histoire du cinéma marocain. Ahmed Bouanani est un passeur de patrimoine, de mémoire et de résistance – il est d’une contre histoire du cinéma marocain La septième porte.
- Tarfaya ou La Marche d’un poète
- Les quatre sources
- Fragments de mémoires
- Petite Histoire en marge du cinématographe
- Mémoire 14
- Sitta wa Thaniat ‘Ashar
- Poème d’amour à Naïma
- Assarab
ŁODZ CASABLANCA : LA POLOGNE POUR DEVENIR CINÉASTE MAROCAIN
Comment affronter, en tant que cinéaste, les réalités sociales et politiques ? Quelles formes cinématographiques donner à cette recherche ? Ce sont les questions que se posent les jeunes étudiants marocains et leurs camarades venus du monde entier (Asie, Afrique, Amérique Latine…) qui se retrouvent à l’École de cinéma de Łódź à la fin des années 1960.Ensemble, ils partageront des années de militantisme politique et de lutte en exil, d’apprentissage de la langue et de la culture polonaise, de combats collectifs en solidarité aux peuples opprimés, d’accès aux cinématographies du monde entier, de découverte et d’exploration de nouveaux milieux artistiques, notamment du free-jazz, de l’art conceptuel et du cinéma politique radical, mais aussi de rencontres avec les marges et les réalités politiques et sociales de la Pologne communiste. Ce programme retrace leurs années polonaises, leurs apprentissages et leur tentatives de proposer un nouveau cinéma, engagé et inventif, qu’ils tenteront de prolonger à leur retour au Maroc. On y retrouve notamment les 4 premiers courts métrages réalisés par Mostafa Derkaoui.
UN DOCUMENTAIRE SONORE
Ils dévoraient la ville en imagination de Ella Bellone :
La série plonge au cœur du Maroc intellectuel et artistique des années 1965–1973, ressuscitant l’effervescence culturelle, politique et poétique du pays au lendemain de l’indépendance, une période décisive racontée à travers la revue Souffles. Souffles est une revue d’avant-garde fondée en 1966 à Rabat par le poète Abdellatif Laâbi. En quelques années, elle s’impose comme un foyer majeur de création, de réflexion critique et de débats politiques, avant d’être interdite en 1972 à la suite de l’arrestation de plusieurs de ses contributeurs. Aujourd’hui encore, Souffles demeure
l’un des mouvements les plus puissants de la modernité marocaine. Les 5 épisodes sont construits à partir d’extraits de poèmes et de textes fondateurs, de témoignages, ainsi que d’archives radiophoniques, cinématographiques et musicales, dont certaines issues des fonds sonores de l’INA, mises au service d’une création contemporaine.
LES FILMS DE A À Z
- Al Hal / Transes – Ahmed El Maanouni
- Alyam Alyam / Ô les jours – Ahmed El Maanouni
- Avant le déclin du jour – Ali Essafi
- Bab Al-Samah Maftouh / Une porte sur le ciel – Farida Benlyazid
- Ben Barka, l’équation marocaine – Simone Bitton
- Better – Kamal Ourahou
- De quelques événements sans signification – Mostafa Derkaoui
- En quête de la septième porte – Ali Essafi
- Fatna, une femme nommée Rachid – Hélène Harder
- Les Ayants droit – Marie Bonnard
- Les Miennes – Samira El Mouzghibati
- Les mille et un jours du Hajj Edmond – Simone Bitton
- Pastorales électriques – Ivan Boccara
- Tameksaout / La Bergère – Ivan Boccara
- This jungo life – David Fedele
- Tinghir-Jérusalem : Les échos du Mellah – Kamal Hachkar
FEMMAGE À DALILA ENNADRE
Dalila Ennadre est née le 12 août 1966 à Casablanca, elle grandit à la Courneuve dans la cité des 4 000. Cinéaste autodidacte, elle réalise une dizaine de documentaires entre 1987 et 2019. Dalila Ennadre est l’auteure d’une œuvre rare par la place qu’elle ouvre à celles et ceux qui n’en ont aucune. Elle entre simplement et avec beaucoup d’humilité, en conversation, avec les personnes qu’elle rencontre et qu’elle filme.
- Des Murs et des Hommes
- Fama, Une héroïne Sans Gloire
- La Caravane de Mé Aïcha

Aïta / Le Cri – Izza Genini
PROGRAMME IZZA GENINI
- Aïta / Le Cri
- Les Gnaouas
FILMS DE LEÏLA KILANI
Née à Casablanca en 1970, au sein d’une famille originaire de Tanger, elle a fait des études en Histoire et en économie à Paris. Elle réalise aussi des documentaires comme Tanger, le rêve des brûleurs ou encore Nos lieux interdits qui explore la mémoire de la violence politique au Maroc. Elle ancre ses récits dans une réalité sociologique sans s’en encombrer, avec un regard dénué d’exotisme. Leïla Kilani signe une œuvre à la fois intime et très politique, elle expérimente, et surprend par son âpreté et la puissance de son cinéma.
- Indivision
- Sur la planche

Sur la planche – Leïla Kilani
FILMS DE YASMINE KASSARI
Yasmine Kassari (Maroc, 1970) est une réalisatrice et une scénariste belgo-marocaine. Adolescente, Kassari s’installe à Paris où elle obtient son diplôme d’études secondaires et elle effectue une année d’études de médecine. Puis elle décide de se consacrer au cinéma et s’inscrit à l’INSAS à Bruxelles. Parallèlement à l’INSAS, elle travaille dans la société de production Les Films de la drève.
- Chiens errants
- Quand les hommes pleurent
- L’enfant endormi
PROGRAMME SAFIA BENHAÏM
- La Fièvre
- L’Arrière-Pays

La Fièvre – Safia Benhaïm
PROGRAMME OUAHIB MORTADA ET LO THIVOLE
- Mineurs
- La Forêt
- Le mirage et la Pierre
PROGRAMME EL MAHDI LYOUBI ET SAMY SIDALI
- Petit taxi
- Marseille, 14 juillet
- Peau morte
- Qui fout le zbeul ?
RÉTROSPECTIVE TIZINTIZWA
- Timnadin N Rif – Nadir Bouhmouch
- Amussu – Movement on Road ‘96, Nadir Bouhmouch
- Teide – Tizintizwa Collective
- A (Rough) Seasonal Work Song – Soumeya Ait Ahmed, Nadir Bouhmouch
CARTE BLANCHE À TIZINTIZWA : FILMER COMME ON PARLE
- A Song to the Oar – Tizintizwa Collective
- The Hole’s Journey – Ghita Skali
- Apartheid Casablanca – Tizintizwa Collective
- Marseille, 14 juillet – El Mahdi Lyoubi
- Don’t Eat the Moon – Tizintizwa Collective
- What Remains – Ghita Skali
CARTE BLANCHE FILM W GLISSA
Film w Glissa vous propose une série de cinq courts métrages de jeunes cinéastes issus des sélections de nos festivals Building Bridges 2026 et Rond-Point 2024. Ces cinq films abordent, chacun à leur manière, la thématique de l’absence, qu’il s’agisse de celle laissée par des proches partis en exil ou d’une amie partie sans rien dire.
- Hatit o Maghzel – Aya Arhyay
- Tighrist, Threads of exile / Tighrist, Les fils de l’exil – Samia Dzaïr
- Ali’s Diaries / Les journaux d’Ali – Yousef Menesy
- Utopian Wedding / Mariage Utopique – Daleya Marohn
- Les Nuits de Jasmin – Naël Zaïti—Ruelle

Ali’s Diaries / Les journaux d’Ali – Yousef Menesy
RÉTROSPECTIVE RANDA MAROUFI
- L’mina
- Bab Sebta / La porte de Ceuta
- Stand by office
- Le Park
- La grande Safae
PROGRAMME YASMINE BENABDALLAH
- How to reverse a spell : the promise of an archive / Comment inverser un sort : la promesse d’une archive -Yasmine Benabdallah
- Visions of a dreamt sunset / Visions d’un coucher de soleil rêvé – Yasmine Benabdallah
- Objets-Relais – Irvin Anneix
Toute la programmation des films de la section les Marocs à retrouver ici.

